Dérober plusieurs voitures sans lever le petit doigt, c’est possible, et ce, grâce à la technologie. Le « mouse jacking » ou « vol à la souris » en français est une nouvelle méthode de cambriolage en plein boom en France. Focus sur cette technique de vol.

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Selon une étude du cabinet BCA expertise publiée en 2014, les vols à assistance électronique représenteraient désormais plus de 50% des vols de voitures en France 

Une nouvelle technique de vol de voiture

Le « mouse jacking », ce terme vous dit-il quelque chose ? C’est le vol de voiture à la souris, c’est-à-dire par piratage informatique. Il s’agit d’une technique de plus en plus répandue. Sans agresser le propriétaire du véhicule ou endommager la voiture, ce genre de cambriolage consiste à confondre les systèmes de sécurité de la voiture avec des techniques électroniques et informatiques. Dès lors, la technologie permet en quelques minutes, l’interception du signal des clés, le brouillage du signal ou encore le contournement de l’anti-démarrage.

La technique connaît un vrai boom depuis quelques années en France et selon une étude du cabinet d’expertise BCA, les vols à assistance électronique ont représenté en 2014 plus de 50% des cambriolages de voitures. « Les voitures sont aujourd’hui de plus en plus automatisées et connectées, et des techniciens de l’informatique peuvent démarrer les véhicules sans clefs et sans effractions », note la BCA. C’est d’ailleurs ce qu’il s’est passé à Paris à la mi-mai 2015, où deux hommes ont été interpellés en flagrant délit de « mouse jacking ». Avec cette méthode, ils avaient réussi à dérober au moins une vingtaine de 4×4 de luxe dans la capitale et les Hauts-de-Seine après avoir déjà sévi en Grande-Bretagne. Ils appartenaient d’ailleurs à un gang qui a été démantelé, selon les informations révéles par Le Parisien.

Mais comment font-ils ? 

Étape 1 : le voleur débute en relevant le numéro de châssis du véhicule, souvent apparent, à la base du pare-brise. Il se rend ensuite chez le constructeur du véhicule, et, avec l’assistance d’un complice intra-muros, commande un nouveau jeu de clés. La clé électronique qu’il recevra sera inutile : elle doit être liée, par le concessionnaire, au véhicule en question. Qu’à cela ne tienne : avec la clé mécanique, le voilà entré, proprement, dans la voiture, sans la démarrer.

Étape 2 : une clé mécanique ne permet pas toujours de démarrer la voiture, et, surtout, elle n’autorise pas la revente. Il faut donc que le voleur couple, lui-même, la puce de la clé électronique fraîchement reçue au véhicule. C’est là que l’ordinateur portable entre en jeu. Après avoir téléchargé sur Internet des logiciels évidemment illégaux, le malfrat va réussir à faire sauter la protection informatique du véhicule qui, s’il est récent, est forcément régi par un ordinateur de bord. Antidémarrage, alarme : il contourne le tout et peut démarrer la voiture proprement, en la liant à sa clé. Sans effraction, sans alarme.

Étape 3 : ce n’est pas fini. Pour ne pas être retrouvé, le voleur doit maquiller le véhicule. Soit changer les numéros de châssis de la voiture, un travail de pro qui peut impliquer de changer le pare-brise. Il fera tout cela après avoir volé, souvent en Belgique, les papiers d’immatriculation d’un véhicule de même marque, même modèle. Pourquoi chez les belges ? Les papiers du véhicule y dorment plus souvent dans la boîte à gants qu’en France, législation oblige. Voilà le voleur paré pour une nouvelle immatriculation. 

Si elle requiert du temps et quelques connaissances techniques, et n’est donc pas à la portée de tous, la technique du mouse-jacking s’avère également plus rémunératrice. En effet, elle permet de revendre des véhicules plus récents, donc plus chers, sans la moindre microgriffe.

Pas d’effraction, pas d’indemnisation

Les victimes de ces vols ne sont pas au bout de leur peine. Puisque si la victime a la chance de retrouver son véhicule, un problème se pose, car « pas d’effraction » rime bien trop souvent avec « pas d’indemnisation » pour les assureurs, d’après Michel Benezra, avocat du droit automobile. « Les contrats d’assurance ont été rédigés avant les années 2000 quand les véhicules se volaient en touchant deux fils. Ce qui pose problème aujourd’hui c’est que les contrats n’ont pas été réadaptés puisqu’il y a un intérêt financier derrière. Chaque assurance va se réfugier derrière ce terme de « vol sans effraction » pour refuser l’indemnisation. Donc à charge pour le particulier, de démontrer que son véhicule a été volé en mouse jacking », explique t-il. 

Comment s’en prémunir ?

Ne laissez ni vos clefs, ni les doubles de vos clefs, ni la carte grise dans la boîte à gants de votre véhicule. C’est ce que votre assurance vous demandera en premier pour constater le vol par mouse jacking. Il existe un objet beaucoup plus efficace mais plus « old-school » qui vous garantira de retrouver votre voiture sur le parking : la bonne vieille canne électronique qui bloque le volant.

Si vous êtes victime de cette technique de vol de voiture, connectez-vous sur la plateforme Voisins Vigilants et informez vos voisins.