Les nouvelles technologies s’apprêtent à modifier la prise en charge du grand âge, enjeu majeur de santé publique. Mais leur arrivée suscite des questions.

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Équiper l’appartement de capteurs pouvant détecter les comportements anormaux (chute, absence de mouvements, porte du réfrigérateur fermée trop longtemps…), avoir à côté de soi un « écran » qui peut téléphoner à ses petits-enfants, rappeler les rendez-vous de la journée, proposer un jeu de mémoire, etc. Telle pourrait être la future panoplie d’outils technologiques permettant aux personnes âgées de rester plus longtemps seules chez elles, ce que souhaitent neuf Français sur dix.

De plus en plus de seniors actifs, notamment les baby-boomers qui arrivent à la retraite, ont une forte appétence pour les nouvelles technologies. Et une étude parue dans The Lancet début juillet, réalisée par des chercheurs de l’université d’Odense, au Danemark, montre que les nonagénaires d’aujourd’hui ont des capacités physiques et intellectuelles jamais atteintes par le passé.

De nombreux dispositifs en plein essor

La panoplie d’aide aux personnes âgées est large : capteurs de mouvements ou de température placés au domicile d’une personne ou sur elle-même, systèmes de monitoring à distance par Internet (télémédecine, télésuivi…). Ces dispositifs d’assistance sont en plein essor.

Le plus ancien, qui existe déjà depuis une trentaine d’années, est la téléassistance ou téléalarme, sous forme de bracelets, ou médaillons, que la personne actionne en cas de besoin pour appeler les secours. Environ 450 000 personnes l’utilisent en France, environ 3 % de la population des plus de 65 ans.

De plus en plus d’outils se développent pour sécuriser le domicile. L’entreprise Legrand a, par exemple, équipé 2 300 logements dans la Creuse en domotique avec, entre autres, un chemin lumineux qui éclaire le trajet d’une personne se levant la nuit pour aller aux toilettes. Environ 2,5 millions de personnes âgées chutent chaque année, ce qui se traduit par environ 8 000 décès, souligne le Centre national de référence de santé à domicile et autonomie (CNR Santé). La société française Vigilio a conçu Vigi’Fall, un patch miniature qui fonctionne grâce à des capteurs et prévient un centre d’alerte en cas de chute. Soutenu par la Commission européenne, ce dispositif devrait être commercialisé sous peu.

« Une personne a souvent juste besoin d’être rassurée, ce que permettent ces technologies »

Stimuler les personnes âgées est aussi un gage de longévité. Les jeux vidéo sont de plus en plus utilisés dans les maisons de retraite. Des logiciels de stimulation cognitive sont également à l’étude. Une expérience américaine menée par des chercheurs de l’université de l’Iowa a montré que les jeux vidéo améliorent les fonctions cognitives et retardent de plusieurs années le déclin lié à la vieillesse.

Les réseaux sociaux, un avenir ?

Les projets de réseaux sociaux auront-ils plus de succès ? Voisins Vigilants est le premier réseau social de voisinage en France. Il permet la mise en relation des habitants d’un même quartier et développe des liens d’entraide, de solidarité et de bienveillance entre voisins. Un moyen pour éviter l’isolement d’une personne âgée au sein d’un quartier.

La technologie n’est pas un substitut à l’aide humaine ! Il faut envisager les technologies comme des ressources supplémentaires pour l’homme. Les parents et les professionnels de la santé doivent rester les premiers acteurs de la sécurité des personnes « assistées ». Il ne s’agit pas de faire obstacle au développement de ces dispositifs, mais d’encadrer leur usage.